Julien BOULIER - MUSIQUE


"Au commencement était le son" [Publié le 2003-11-29 16:14:54]



Au commencement était le son "Cet ouvrage ne traite pas de façon exhaustive des instruments de musique du monde. Il relève d’une approche plus instinctive que savante, plus naturelle que méthodique, pour repenser la démarche musicale propre à l’homme, en prenant en compte les motivations premières de sa quête sonore. Tenter d’expliquer le pourquoi et le comment de la création instrumentale, c’est d’abord remonter à la source des phénomènes, des gestes, des instincts, pour retracer une démarche universelle et originale en tous lieux où elle s’exprime, c’est-à -dire partout où l’homme a manifesté sa présence. La création des instruments de musique, qui entraîne le respect et la sublimation des matériaux, ainsi que la découverte et la conception de leurs qualités acoustiques et magiques, demeure, par excellence, un domaine où l’être humain se révèle sous un jour privilégié. A la fois hôte du monde et ouvrier infatigable, il a , au fil des siècles, exploré son univers et s’en est rendu maître, méthodiquement, s’intégrant à l’environnement et composant avec les forces en présence - relief, climat, végétation, espèces animales... Le son, si tant est qu’on puisse en définir l’origine, a d’abord permis aux premiers hominidés d’évaluer les distances, que ce soit par la voix seule ou par d’autres moyens de la relayer, jouant des phénomènes d’écho et de résonance. Prendre ainsi conscience du pouvoir et de la portée de sa propre voix, et de ses modulations en fonction de l’espace environnant, a déterminé des choix de matériaux et de formes adéquates. Sans doute l’imitation de sons naturels, de cris animaliers constituait - t -elle le tout premier répertoire « musical » humain, dénotant une volonté d’agir sur l’ordre naturel. La relation à l’animal et la place de celui-ci en tant qu’entité protectrice approchée par la magie et la danse sont restés au long des siècles presque inchangés, du moins pour des groupes sociaux appréhendant encore nature et animaux avec respect, dans une relation d’échange et non de domination stérile. En outre, les instruments primitifs s’offraient eux-mêmes comme déjà prêts dans la nature, soit à l’état brut, soit façonnés par un quelconque phénomène : plumes creuses, sifflets en phalanges d’animaux, conques, parois de stalactites composant des orgues, etc... L’amélioration progressive de ces instruments « naturels », en vue d’une meilleure sonorité, s’est doublée d’un fort investissement symbolique, en référence à une structure sociale définie, une appartenance culturelle ou une communauté religieuse. La musique jouée dans ces temps anciens ne reflétait pas, loin s’en faut, une volonté de création mélodieuse, une démarche artistique au sens moderne du terme, dont les effets et les impressions sonores participent d’une dramaturgie musicale.Selon l’entendement commun, les instruments servent aujourd’hui à « faire de la musique » ; mais qu’en est-il de leur parcours et de leur histoire, si souvent livrés à l’oubli ? Avant de servir à des divertissements musicaux, beaucoup d’instruments sont restés des objets rituels à fonction sonore - à la fois timbre, rythme, résumé cosmogonique, raccourci vers un faisceau de connotations explicitées dans sa forme, sa matière et sa voix. C’est à l’issue d’une patiente exploration des sons à travers l’opposition des timbres et leur accouplement, d’abord par la voix et la recherche d’harmoniques dans la cavité buccale, puis en les sélectionnant selon la longueur d’une hanche flexible ou d’une corde, qui s’établit un dispositif de résonance : les doigts en viennent à relayer la bouche pour explorer les intervalles, susciter la répétition, reconnaître l’octave. Dès que se diversifient les cordes, la pensée musicale s’élabore, ou du moins la pensée elle-même devient autre ; elle prend, par la grâce des sons, un envol qui l’emmène vers l’inspiration - révélation d’une voix autre, sublimée par la musique créée, qui, venue de l’âme, s’adresse à l’âme. Une fois conçu l’instrument, cette sorte de double de soi, cet objet composite nourri de tradition, l’évolution se fait par comparaisons, perfectionnements et diversifications successives, avec une force d’autant plus grande que ce médium instrumental permet de traduire la pensée en quelque chose d’autre-visible, palpable et audible. Dès lors se révèle possible pour l’homme le dialogue avec cet interlocuteur inventé de toutes pièces, à force d’ingéniosité, cette chose vivante, née de lui et en dehors de lui, répond enfin à la voix, au premier cri, aux tâtonnements et aux inventions, par l’éveil du chant : il a suscité la musique dans le coeur de l’homme." Les instruments de musique du monde Editions de La Martinière Livre de Lucie Rault Introduction

rti



courtisane Harogi


- "La courtisane Harogi, captivée par de mystérieuses sonorités. Série d’estampes à« Neige, lune et fleurs à » de Utamaro Kitagawa (1753-1806)".(auteur légende : Madeleine Leclerc




cascade Skogafoss


- Cascade de Skogafoss, en Islande. Certains phénomènes naturels offrent un spectacle visuel et une expérience auditive saisissants.(légende de Madeleine Leclerc)




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