La gwerz du vent, de Louis Bertholom, dans "Les ronces bleues", éditions Sauvages, Collection Askell.
"J’irai vent
tel l’élytre
dans ton exil
visiter
tes songes lapidaires
en des fuites intemporelles,
des dimensions labiles,
impalpables.
Pierres et os
dans l’invisible
s’accouplent
minéralisent
mon sourire
d’une microparticule
de rocher.
Ma peau se desquame
pour le vent
que la pluie sème
aux sillons des printemps.
Nuages de points
dans le ciel
que le vent chasse
de ses phares...
migrateurs.
Maintenant jamais,
bientôt toujours,
pourquoi suis-je aimanté
au sol,
pour courir
dans la présence
des ancêtres ?
Vent tu sais
la chanson macabre
de la longue nuit d’hiver,
la candeur de nos images
sur tes ailes de vitres fines.
Tu ne peux
saisir l’éclair,
tu t’octroies
sa gestation.
Les tempêtes
célèbrent les soumissions
dans leurs orgues
où s’écartèlent
les phalènes.
Les esprits
se draguent
dans ses orgies de ciel iodé
où des craies
s’inscrivent...mouettes.
Vent tu t’enivres
dans les ports crépusculaires
d’une guerz de rouilles.
Tu lègues aux astres
ton mépris.
Tu attises
les yeux de braise
pour empourprer
la cape nocturne.
Des lambeaux d’arbres
flagellés
supplient la terre
de leurs doigts.
J’irai vent
tel l’élytre
dans ton exil
visiter
tes songes lapidaires...
en des fuites intemporelles,
des dimensions labiles,
impalpables..."
de Louis Bertholom, dans "Les ronces bleues", éditions sauvages, collection Askell.